dimanche 26 septembre 2010

Les Compagnies des Indes orientales



En 1600, la reine Elisabeth 1ère fonde l’East India Compagny (La Compagnie anglaise des Indes orientales) qui détiendra un quasi monopole pour le commerce du thé importé vers l’Angleterre jusqu’en 1834.

Suivie en 1602, par la Compagnie Hollandaise des Indes Orientales (Vereenigde Oost-Indische Compagnie).
Plus tard en 1616, le roi Christian IV fondera la Compagnie Danoise des Indes Orientales (Danish East India Company) axée sur le commerce avec l'Inde.

Créée par Colbert en 1664 par une déclaration royale de Louis XIV, arrive ensuite la Compagnie Française des Indes Orientales pour concurrencer les puissantes compagnies européennes.
" Florebo quocumque ferar " (Je fleurirai là où je serai portée) figurait sur un listel doré ornant ses armoiries.

A Ostende en 1717, une compagnie privée fut créée par les marchands et armateurs pour commercer avec les Indes. Mais en proie aux pressions et à la supériorité de ses grandes rivales, la Compagnie d'Ostende fut dissoute en 1731.
Fondée à l’initiative de Frédéric II, la Société Royale de Prusse Asiatiques (Emder Ostasiatische Handelskompanie) fut une petite entreprise commerciale dont l’existence fut la plus courte de 1751 à 1757.
En 1731, La Compagnie Suédoise des Indes Orientales (Svenska Ostindiska Companiet) fut la dernière entreprise commerciale fondée dans le but de faire du négoce avec les territoires situés à l'est du cap de Bonne-Espérance, depuis le port de Göteborg.








A découvrir :

Les Compagnies des Indes orientales - Trois siècles de rencontre entre Orientaux et Occidentaux

Auteur: Philippe Haudrère - Editions Desjonquères



Crédit Image: Bâtiments de la Compagnie des Indes - Musée national de la Marine Collection privée Guy de RAMBAUD.



En cours de rédaction.

dimanche 19 septembre 2010

Les Comptoirs Coloniaux

Lieux de passage, de ressources et d'échanges commerciaux.

Ancêtres coloniaux du commerce international et des échanges métropole/colonies, les comptoirs ou colonies d'exploitation facilitèrent le développement des infrastructures locales, des voies de communication maritimes (ports) et routières (routes, voies ferrées) assurant le transport et la circulation commerciale des matières premières, des épices ou des précieuses marchandises, introuvables dans les grandes cités européennes et les colonies du nouveau monde.




Figurant parmi les matières premières, l'or, les épices, le café et le thé, mais aussi les technologies non maîtrisées comme le coton tissé et imprimé, la porcelaine et la soie chinoises furent de par leur intérêt marchand, au centre d’opérations d’hostilités, de concurrence, et de prises de contrôle du négoce par alternance.
Très recherchées par les riches populations en Europe, la spéculation autour des ressources locales et d’autres produits manufacturés exotiques demeurait monopolistique et protectionniste.
Les compagnies commerciales rivales opéraient sur leurs exploitations au bénéfice exclusif de leur gouvernement et des nombreux actionnaires.


En cours de rédaction

dimanche 12 septembre 2010

Monopoles & Protectionnismes dans les Comptoirs Coloniaux

En 1756, l’Inde est le théâtre d’opérations d’hostilités entre les deux puissances coloniales et économiques que sont la France avec la Compagnie française des Indes orientales et la Grande-Bretagne avec la British East India Company qui s’opposent pour le maintien de leurs monopoles d’état respectifs.

Devenu majoritaire, après avoir évincé progressivement leurs prédécesseurs concurrents portugais et hollandais, chacun des deux camps possède quelques comptoirs tout le long des couloirs maritimes du golfe du Bengale.




Pour faire face à une situation géopolitique déjà très complexe en Europe mais aussi dans les colonies du Nouveau Monde, les compagnies résistent à la pression des contrebandiers et veillent au maintient des alliances commerciales de tous les comptoirs qu’ils contrôlent.
Cherchant absolument à éviter des conséquences économiques désastreuses pour leur gouvernement, les français et les britanniques se préparent à des affrontements inéluctables.


Les rivalités commerciales pour la prépondérance des comptoirs et les antagonismes stratégiques des institutions concurrentes, furent à l’origine d’une alliance des forces armées locales du dernier "Nawab" indépendant du Bengale Siraj-ud-Daulah (1733 - 1757) et des troupes françaises, face à l'emprise de la Grande-Bretagne.


Durant ces affrontements, du Nord-Est au Sud-Est de l’Inde, la plupart des colonies d'exploitation furent prises et défaites tour à tour par les protagonistes.
En janvier 1761, le siège et le ravage de Pondichery donnera l'avantage aux troupes anglaises après six années de conflits.
En 1783, par les accords du traité de Versailles, la France récupèrera ses comptoirs, Chandernagor, Pondichéry, Yanaon, Karikal et Mahé, mais sans fortifications, ni faction militaire, ils resteront de facto sous la tutelle des britanniques.

dimanche 5 septembre 2010

La Boston Tea Party

Durant la soirée du 16 au 17 décembre 1773, dans le port de Boston, une rébellion des colons américains fut considérée comme le premier acte d’indépendance qui amorcera le processus de séparation entre la souveraineté britannique et les treize colonies américaines.


Illustration de la Boston Tea Party par W.D. Cooper (1789)

Voici le témoignage M. George Hewes, un des protagonistes de la Boston Tea Party.


"Le thé qui a été détruit se trouvait dans trois bateaux (le Darmouth, l’Eleonor et le Beaver) amarrés côte à côte à ce que l’on appelait alors le quai Griffin.
Ils étaient entourés par des navires de guerre armés dont les capitaines avaient publiquement déclaré que si les rebelles, comme ils se plaisaient à dénommer les Bostoniens, ne retiraient pas leur opposition au déchargement du thé avant une date fixée au 17 décembre 1773, ils seraient contraints de le débarquer de force sous la protection des canons.

La veille du 17 décembre, les citoyens du comté de Suffock ont été convoqués à une réunion, qui eut lieu dans l’une des églises de Boston, pour déterminer quelles mesures expédientes devraient être prises pour empêcher le déchargement du thé ou l’encaissement des droits.
Au sein de cette assemblée un comité fut nommé pour s’adresser au gouverneur Hutchinson et lui demander de les informer s’il allait prendre des mesures de façon à satisfaire le peuple sur l’objet de la réunion.

A la première demande de ce comité, le gouverneur leur a dit qu’il leur donnerait une réponse définitive avant cinq heures de l’après-midi. A l’heure dite, le comité s’est de nouveau rendu au domicile du gouverneur et a appris qu’il était parti pour son manoir de Milton situé à une distance d’environ dix kilomètres.
Lorsque que le comité est retourné informer l’assemblée de l’absence du gouverneur, il y eut un murmure confus parmi les membres et l’assemblée s’est immédiatement dissoute, beaucoup entre eux criant
« Que chacun fasse son devoir, et soit fidèle à son pays ».
On évoquait bruyamment le quai Griffin.


Le soir était à présent arrivé, je m’étais immédiatement habillé en indien, armé d’une hache que moi et mes associés avions dénommée tomahawk ainsi que d’une massue et après m’être peint le visage et les mains avec de la poussière de charbon de chez le forgeron, je suis allé au quai Griffin, où se trouvaient les bateaux contenant le thé. Quand je suis arrivé dans la rue ainsi déguisé j’ai retrouvé des camarades habillés, armés et peints comme moi, et nous avons marché en rang jusqu’à notre destination.
Quand nous sommes arrivés sur le quai, trois d’entre nous, auxquels nous nous sommes volontiers soumis, ont pris la direction des opérations. Ils nous ont divisés en trois groupes pour que nous abordions à la fois les trois bateaux qui contenaient le thé. Le nom de celui qui commandait le groupe auquel j’étais assigné s’appelait M. Léonard Pitt.
Je n’ai jamais su le nom des autres commandants.

Les commandants respectifs nous ont ordonné immédiatement d’aborder tous les bateaux à la fois et nous leur avons obéis promptement.
Le commandant de mon groupe m’a nommé maître d’équipage dès que nous fûmes à bord et m’a ordonné d’aller demander au capitaine de me remettre les clés des écoutilles et une douzaine de bougies. J’ai donc fait la demande et le capitaine a répondu rapidement en me fournissant les articles mais il m’a demandé par la même occasion de ne pas endommager ni le bateau, ni le gréement.
Puis notre commandant nous a ordonné d’ouvrir les écoutilles, de sortir les caisses de thé et de les jeter par dessus bord et nous avons exécuté immédiatement ses ordres, coupant et fendant les caisses avec nos tomahawks pour les exposer à l’effet de l’eau.
A peu près trois heures après que nous soyons arrivés à bord, nous avions cassé et jeté à l’eau toutes les caisses de thé qui se trouvaient sur le bateau pendant que ceux qui étaient sur les autres bateaux s’étaient débarrassés du thé de la même façon et en même temps.
Les navires de guerre britanniques nous encerclaient mais n’ont pas essayé de s’opposer à nous.


Après chacun est rentré chez soi sans se parler et sans essayer d’apprendre l’identité de ses associés. Je ne me souviens pas avoir jamais su le nom d’un seul individu concerné par cette affaire sauf celui de M. Léonard Pitt, le commandant de mon groupe, que j’ai déjà mentionné.
Il était sous-entendu que chaque individu devait offrir volontairement ses services, garder son anonymat et assumer les conséquences lui-même. Il n’y a pas eut de désordre pendant l’opération et il s’en est suivi une des nuits les plus tranquilles que Boston ait connu depuis des mois.

Pendant que nous jetions le thé dans l’eau, quelques-uns des citoyens de Boston et de ses environs ont essayé d’emporter de petites quantités de thé pour leur famille. Pour se faire ils attendaient l’occasion de le ramasser sur le pont où il était dispersé en abondance et le mettaient dans leurs poches.
Un certain capitaine O’Connor que je connaissais bien, est venu à bord avec cette intention et quand il a pensé que personne ne l’observait il a rempli ses poches et la doublure de son veston.
Mais je l’ai découvert et en ai informé le commandant.

Le commandant nous a ordonné de l’arrêter et juste au moment où il descendait du bateau, je l’ai pris par le bord de son veston, et en essayant de le retenir, j’ai déchiré sa veste ; mais sautant en avant, par un effort rapide, il s’est échappé.
Cependant, il a du se frayer un passage à travers une foule hostile qui lui donnait des coups de pied et des coups de poing.




Un grand vieil homme qui portait un grand tricorne et une perruque blanche, qui était à la mode cette époque là, a également essayé de récupérer un peu de thé des restes de la cargaison. Discrètement, il en a mis un peu dans sa poche mais quand il a été découvert, ils l’ont attrapé et lui ont ôté le chapeau et la perruque de sa tête et les ont jeté à l’eau en bloc avec le thé qu’ils avaient retiré de ses poches.
Considérant son âge avancé, on lui a permis de s’en aller avec un coup de pied léger de temps en temps.

Le matin suivant, après que nous nous soyons débarrassés du thé des bateaux, nous avons découvert qu’il y avait toujours des quantités considérables de thé qui flottaient à la surface de l’eau. Pour ne pas donner la possibilité à qui que ce soit de le récupérer, des marins et des citoyens se sont rendus en petits bateaux aux endroit du port où flottait le thé, et, en le battant avec des avirons et des rames, l’ont mouillé complètement assurant son entière destruction."

M. George Hewes, décembre 1773

mercredi 1 septembre 2010

Le vocabulaire du dégustateur

Le vocabulaire de dégustation recense les expressions employées par le dégustateur pour décrire les sensations qu'il perçoit.


Arôme : Techniquement, arôme devrait être réservé aux sensations olfactives perçues dans la bouche lors de la rétro-olfaction pendant la dégustation. Mais “arôme” désigne aussi généralement les sensations olfactives perçues par la voie rétro-nasale.

En bouche : Ensemble de stimulations olfactives et gustatives perçues dans la bouche. Elles permettent d’exprimer les sensations du testeur.
Le toucher pour la texture, l'odorat pour les arômes et le goût pour les saveurs.

Bouquet : Ensemble des sensations odorantes et volatiles détectées lorsque l’on flaire une liqueur.
Flaveur obtenue ensuite dans la bouche sous le nom d'arôme, elle résulte des opérations d’épanouissement et de fermentations du thé.



Infusion : Opérations de macération et d'extraction d’une substance végétale aromatique, contenant des principes actifs solubles dans un liquide à température variable.
Le terme d’infusion ou de tisane concerne en priorité les plantes.

Liqueur : Extraction parfumée obtenue par infusion des feuilles de thé.
Elle montre l’aspect visuel, l’éclat, la couleur et la brillance du liquide.

Parfum : Composition olfactive particulière plus ou moins persistante. Naturel ou fabriqué à partir de différents arômes ou d'essences végétales.

Odeur : Impression agréable, neutre ou désagréable perçue plus ou moins durablement, directement par le nez.

Saveur : Information sensorielle (sucrée, salée, acide, amère, umami) perçue sur la langue lors de la mise en bouche d'un aliment.
Sensation proche de l’odorat.

dimanche 29 août 2010

Description générale des saveurs

La flaveur révèle l’ensemble des sensations perçues par stimulations olfactives et gustatives.
Saveurs primaires → Olfaction: Arômes et senteurs.
Saveurs fondamentales → Rétro-olfaction: Goût et saveurs



Sucré → Le saccharose (sucre)
Salé → Le chlorure de sodium ou l'eau de mer
Amer → La quinine
Acide → Le citron
Umami → Les glutamates



GLOSSAIRE:

Aromatique : Se dit d'un thé riche et fort en arômes, qui s’exprime de façon plus ou moins intense.
Capiteuse : Se dit d'une liqueur riche, équilibrée en arômes épicés et fleuris.
Complexe : Désigne un bouquet d'arômes très riche, d'une très grande subtilité.
Finesse : Propriété d'une liqueur subtile, aux arômes multiples et délicats.
Savoureux : Se dit d'un thé riche et fort en saveurs.
Franc : Qualifie un thé dont les caractères (couleur, parfums, saveurs, arômes...) sont bien marqués et s'expriment sans défaut, ni ambiguïté.
Long en bouche : Se dit d'une liqueur dont les arômes laissent en bouche et en arrière-bouche une impression plaisante et persistante après la dégustation.
Odorant : Se dit d'une liqueur ou d'une infusion dont les composants sont riches et forts en parfums.
Raffiné : Se dit d'un thé dont les parfums, les arômes et les saveurs sont à la fois délicats et subtils.
Soutenu : Qualifie un thé dont l’arôme reste longtemps présent en bouche.
Iodée : note présente dans certains thés comme les thés verts japonais.
Subtil : Désigne un thé aux parfums et arômes délicats et complexes.
Chaleureux : Désigne une liqueur aux arômes épicés, boisés et sylvestres combinés à une saveur sans aucune acidité.




Plein en bouche : Qui donne une sensation de plénitude et remplit bien la bouche.
Charpenté : Se dit d'un thé à prédominance tannique, qui remplit bien la bouche.
Onctueuse - Moelleuse : Se dit d'une liqueur à la fois ronde en bouche et légèrement acide.
Ample : Se dit d'une liqueur pleine, ronde et longue en bouche.
Rondeur : Qualité d’un thé consistant qui remplit la bouche de façon sphérique.
Rond : Se dit d'un thé souple et parfois moelleux donnant en bouche une impression de rondeur.


Doux : se dit d’un thé dont la saveur est légèrement sucrée, parfois coupé d’une pointe d'acidité, sans aucune astringence.
Souple : Se dit d'une liqueur dont le moelleux prédomine sur l'astringence.
Glissante - Coulante : Qualifie une liqueur peu tannique, souple et agréable, sans aspérité.
Soyeux : Désigne un thé souple et moelleux, nuancé, évoquant la douceur de la soie.
Velouté : Qualifie une liqueur lisse et soyeuse, presque sucrée.


Jeune : Qualifie le thé dont la cueillette est précoce et qui présente une qualité verte et légèrement acide.
Cru : Caractéristique verte et plus acide que la norme.
Frais : Se dit d’un thé provoquant une sensation de fraîcheur légèrement acide.
Tonique : Caractère d'un thé jeune et vert, dont la note acide est bien présente.
Nerveux : Caractère très souligné d'un thé, avec une légère pointe d'acidité.
Verdeur : Propriété fraîche et acide.
Vif : Se dit d'une liqueur fraîche et légère avec une petite pointe d’acidité, mais sans excès. En général très plaisante.
Pointu - Aiguë : Se dit d'une liqueur très vive, dont la note fraîche et acide presque piquante, est bien présente, et dont chaque arôme s'exprime avec finesse.




Robuste : Désigne un thé très charpenté. Caractère à adoucir avec du lait.
Corsée : Se dit d'une liqueur structurée ayant du corps.
Tannique : Se dit d'une liqueur colorée riche en tanins.
Corps : Caractère d'une liqueur charpentée alliée à des arômes chaleureux.
Fort : Qualifie en général une liqueur corsée et colorée.
Puissante : Qualifie une liqueur corsée et longue en bouche.
Généreux : Se dit d’un thé riche et aromatique, sans excès.

Astringent : Sensation d'assèchement dans la bouche, caractère un peu âpre et rude en bouche, provoqué par les tanins.
Râpeux : Se dit d'un thé très astringent, qui racle au palais, souvent de mauvaise qualité ou beaucoup trop infusé.
Apre : Sensation rude déplaisante, un peu râpeuse en bouche, provoquée par les tanins.
Vigoureux : Se dit d'un thé à la fois astringent et nerveux, dont la présence est immédiate en bouche.
Mordant : Désigne un thé à la fois astringent vif et nerveux, dont l'impression d’acidité est forte et durable.

Glissante - Coulante : Qualifie une liqueur pauvre en tannins, souple et agréable, sans aspérité.
Court en bouche : Se dit d’une liqueur qui laisse peu de traces en bouche et en arrière-bouche après la dégustation.
Frivole : Impression de fugacité des thés à la fois très riches en arômes et très courts en bouche.
Léger : Se dit d'une liqueur peu corsée, faible en tanins.
Lisse : Désigne une liqueur sans aspérité, due à l'absence de tanins.


Crédits Photos: Captain Geoffrey Spaulding - UK Tea Council - Henri Meunier 1897

mercredi 25 août 2010

Perception et interprétation des notes olfactives

L’olfaction est la fonction qui permet de détecter et d'analyser les molécules (substances chimiques) volatiles présentes dans l’air. Considéré comme l'un de nos sens le moins développé, l’odorat humain est néanmoins capable de percevoir à peu près 10 000 odeurs différentes, connues ou non.

Mécanisme de perception des notes
Perçues par les voies nasales directes (olfaction), les notes se distinguent de l’arôme perçu par la voie rétro nasale (rétro olfaction).

- Les notes de tête : Les premières détectées et les plus volatiles, elles ne durent que quelques instants.

- Les notes de cœur : Après évaporation des notes de tête, elles prolongent la fraicheur et annoncent le caractère aromatique dominant.

- Les notes de fond : Plus persistantes ou dominantes, elles assurent la profondeur et l’intensité des arômes quand les notes de cœur se dissipent.


Voici une classification des substances odorantes (arômes) les plus couramment employées.


Notes Fruitées
• Fruits:
Baies: Cassis, Fraise, Framboise, Groseille, Mûre, Myrtille, Raisin muscat...
Du verger: Abricot, Cerise, Coing, Figue, Pêche, Poire, Pomme, Pruneau...
Exotiques: Ananas, Banane, Fruit de la passion, Litchi, Mangue, Melon, Pastèque...
• Fruits compotés - confits
• Fruits mûrs
• Fruits secs: Raisin sec...
• Fruits à coque: Noisette, Amande, Noix de Coco, Châtaigne, Noix...


Notes Hespéridées
Associée aux arômes qui évoquent les agrumes. Dans cette famille, la note orangée, citronée ou zestées est obtenue par expression du zeste des fruits.

• Bergamote
• Citron
• Mandarine
• Orange
• Pamplemousse

Notes sucrées
• Cake
• Miel
• Nougat

Notes Douces Vanillées
• Vanille, Biscuits...

Notes Epicées
• Epices: Anis, Cannelle, Clou de girofle, Cardamome, Coriandre, Gingembre, Muscade, Poivre, Safran...


Notes Lactées - Beurrées
• Lactiques: Beurre frais, Crème, Fromage, Lait...


Notes Empyreumatiques
Dans cette famille aromatique, on y retrouve une série d’odeurs et d'arômes brûlés, chauffés ou séchés.

• Caramélisé: Crème brulée...
• Torréfiée: Cacao, Café...
• Brûlée
• Aliments fumés
• Aliments grillés: Toast, Brioche...
• Goudron


Notes Végétales
• Plantes aromatiques: Basilic, Citronnelle, Estragon, Eucalyptus, Menthe,
Réglisse, Romarin, Sauge, Thym…
• Végétaux frais: Artichaut, Bourgeon de cassis, Tige, Fenouil, Gazon coupé, Lierre, Rhubarbe, Cosse de haricot…
• Champignons: Bolet, Champignon de Paris, Levure, Truffe...

Notes Florales
Cette famille olfactive importante, regroupe toutes les notes fleuries. Un bouquet d’arômes subtils, dont le thème principal évoque délicatement la fleur blanche ou rouge.

• Fleurs du jardin: Camomille, Freesia, Iris, Jacinthe, Muguet, Narcisse, Orchidée, Violette...
• Fleurs d’arbustes: Aubépine, Chèvrefeuille, Genêt, Jasmin, Lavande, Lilas, Pivoine, Rose...
• Fleurs d'arbres: Fleur d'oranger, Magnolia, Tilleul...

Notes Coumarinées
• Végétaux secs: Foin, Malt, Paille, Tabac...


Notes Boisées
• Bois secs: Cèdre, Sciure de bois, Santal, Patchouli...
• Bois verts: Chêne, Résineux...
• Balsamique

Notes Sous-Bois
• Terre mouillée après l'orage, Mousse, Tourbe, Moisis, Cave...

Notes Animales
• Animaux: Ambre gris, Cheval, Cire d’abeille, Musc...
• Tannerie: Cuir...
• Ménagerie - Etable

Notes Minérales
• Minéraux: Silex, Craie, Fer...

Notes Marines
• Iode
• Algue
• Huitre


Notes Umamis
Cette famille inclassable, subtile et importante dans la cuisine asiatique dépasse les critères des odeurs et des saveurs fondamentales aux côtés du sucré, du salé, de l'acide et de l'amer.

• Algues Kombu
• Sashimi



L’assemblage de tous ces paramètres olfactifs détermine une impression générale importante des sensations, qui réunit, le plaisir, la puissance, la complexité, la concentration, l'élégance et la finesse du thé, à partir de l’achat, jusqu’à la dégustation.

dimanche 22 août 2010

La légende Nipponne de "Daruma"

Le nom japonais de Bodhidharma "Daruma" symbolise la persévérance ou la ténacité.
Dans la tradition populaire nipponne, le 5 octobre, est le jour mémorial qui célèbre la vie de l’illustre moine zen "Daruma-ki".


Bodhidharma figure parmi les personnages semi-légendaires de l'histoire du Zen en Asie.
Au cours de son voyage depuis l’Inde, on raconte qu'il séjourna en Malaisie avant de propager le Chan vers les territoires nord.
Ses influences philosophiques, spirituelles et sa connaissance des arts martiaux lui valurent d’être à juste titre, également très connu du Vietnam jusqu’en Corée.
Considéré comme le fondateur du Bouddhisme Zen au Japon, la légende de Bodhidharma découvrant le thé diffère.
Postérieure de plusieurs siècles à son existence supposée au VIe siècle dans l’Empire du milieu.


L’existence véritable de ce prince insolite, surnommé "Le grand voyageur", est entourée de mystère.
Etablir son itinéraire précisément et illustrer un portrait incontestable de Daruma semble complexe.
Toutefois, les gravures et estampes le représentent souvent sous l’apparence d’un moine aux grands yeux clairs, mais au regard sombre, mystérieux, et à la barbe hirsute.


Selon la légende du thé au Japon.
Parti pour servir son maître Prajnâtara", qui lui confia la charge de diffuser le Dharma aux populations des territoires de l’Est, Daruma "Bodhidharma" fit la promesse de ne pas dormir durant les années qu’il porterait cette responsabilité.
Après un périple de trois années, prêchant la méditation et les principes du Bouddhisme contemplatif partout sur son passage, Daruma éreinté, se laissa emporter par le sommeil. La légende rapporte qu'il rêva des concubines qu'il avait jadis aimé.
A son réveil, furieux et affecté d’une telle faiblesse, il s'arracha les paupières et il les jeta en chemin.
En empruntant ce même sentier quelques années plus tard, il remarqua un arbuste inconnu, aux feuilles étranges, dont la forme lui rappela les paupières qu’il avait jeté à cet endroit jadis.
Intrigué par cette espèce botanique qu’il n’avait jamais vu auparavant, il cueillit et goûta quelques jeunes pousses de ces feuilles. Elles eurent la propriété de maintenir son esprit en éveil durant sa séance de méditation qui succéda.
Réalisant l’importance et les bienfaits d'une telle découverte, il en fit part autour de lui.
Le théier fut découvert.
En hommage à son périple, la culture du thé débutera partout où il passa.

Beaucoup plus tard, réfugié dans une grotte, assis, concentré et serein, il poursuivit sa méditation Zazen face un rocher.
La légende prétend que la pierre finit par saisir son reflet, et qu’il perdit l’usage de ses jambes atrophiées.
Après ces neuf années passées en contemplation, Daruma atteignit un sommet dans la connaissance.




Cette posture principale de méditation assise, servant à unifier et améliorer l'attitude ainsi que le maintient du corps et de l’esprit, "Zazen" permettrait de développer la concentration, la respiration et la sérénité.



La coïncidence du chiffre 9 dans certaines légendes du thé représente le principe "Yang" à son apogée.
Ce symbole puissant d'accomplissement, pourrait signifier la fin d’une période d’épreuves ou la finalité d’une action, le but étant atteint.

mercredi 18 août 2010

L’arbre de la dernière vérité

Ce récit poétique et méconnu du thé, illustre un portrait littéraire taoïste fabuleux.


En rapport à cette aventure, Lie-Tseu(Leizi), un sage taoïste qui naquit vers 450 avant J.C et dont nous savons peu de chose, écrivit "Le vrai classique du vide parfait".
Selon la légende, il aurait vécu dans le renoncement, il atteignit la perfection et pouvait chevaucher le vent.


Néanmoins, en l'absence d’une quelconque certitude de lien, avec l’origine, les croyances et les pratiques de cette philosophie chinoise. Le fondement authentique de cette légende reste une énigme.


Un jour, un homme décida de quitter son foyer en quête de l’éveil.
Après de longues années de recherches, d'épreuves en mésaventures, il devint un vagabond indésirable de nos villages.
Un soir, il s’installa dans une forêt dense. Il alluma un feu et songea à tout ce qu'il avait vu, vécu et compris.
Des fragments de lumière, de vérité ou de grâce. Mais rien d'un éveil.
Alors qu’il se décourageait un peu, il entendit, du haut d'un arbre, un oiseau chanter.

"J'ai la dernière vérité. J'ai la dernière vérité. Elle est à celui qui viendra la chercher".



Cet homme, dans un élan d’espoir, entreprit alors de grimper tout en haut de cet arbre, que l'escalade rendait difficile et dangereuse.
Au fur et à mesure qu'il montait vers cette ultime vérité, il luttait contre le vertige, guidé par le chant de l'oiseau, mais sans jamais l'apercevoir.
Parvenu enfin à la cime, il se trouva baigné dans une merveilleuse lumière dorée, il aperçu le coucher du soleil, vit les étoiles apparaître, mais nul oiseau.
Pourtant, une voix sortant de nulle part et de partout à la fois, lui confia :

"Tu es venu accueillir une dernière vérité. Alors, reçois-la et pars l'offrir aux hommes qui te croiront."


A cet instant, toutes les questions de cet homme se changèrent en réponses et les réponses en questions.
La lumière se changea en ombre et de l'ombre apparu la lumière.
Tous les morceaux de vérité dispersés, s'assemblèrent, pour établir une vérité nouvelle multiple et absolue.


Ainsi, sa dernière vérité se changea en première vérité.
Son cœur se mit à sourire, son sourire, à exprimer les mots de son cœur.
Alors, sans redescendre de l'arbre, éveillé et léger, il poursuivit son chemin chevauchant quelques vents, d'une indomptable sagesse.



Depuis, on vénère cet arbre du passage, de la métamorphose, qui fût à l'origine un théier sauvage.


"Il est rare que la vérité rattrape le terrain perdu sur la légende"
Stephan Zweig


Crédit Photo: Endora Paris

dimanche 15 août 2010

Légendes indiennes "Bodhidharma"

Le nom chinois de Bodhidharma "Dámó" signifie « enseignement de la sagesse ».

Ce prince indien, troisième fils du roi Kosjuwo abandonnera son rang social et son héritage pour étudier l'ensemble des enseignements du Bouddha "Le Dharma" « la vérité, l'ordre cosmique, les principes de l'univers ».
Disciple de l’illustre "Prajnâtara", il lui succédera et deviendra le 28ème patriarche du Bouddhisme Indien.


Alors qu'en Inde, le Bouddhisme, croyance la plus répandue, se déclinait progressivement, il suivit les instructions de son maître de transmettre le Dharma.
Bodhidharma prit la route vers la Chine où le Bouddhisme Chan (Mahāyāna) était à son apogée.
Arrivé vers 520-527 dans le Sud de la Chine, après un long voyage de trois ans à travers l'Est asiatique, c'est au Monastère de la Petite Forêt (Shao Lin Shi), « Premier Monastère sous le Ciel » situé au Nord-Ouest de Deng Feng « centre du ciel et de la terre » que "le grand voyageur" trouve hospitalité et protection.
Bodhidharma fut ensuite invité à la cour de l'Empereur Wudi (Dynastie Liang 502-557), un fervent bouddhiste, pour une audience à l’issue de laquelle il fut incompris, congédié et banni par le souverain lui même.

Déçu de n'avoir rencontré personne digne de comprendre les théories de son enseignement du Bouddhisme, et renvoyé du Monastère de Shaolin Shi, Bodhidharma se retira dans une grotte non loin du temple et se mit à méditer face à un mur de roches.
Il y restera durant neuf années.


Selon une légende du thé.
Après avoir médité trois années face au mur de la grotte où il s'était réfugié, il se serait assoupi.
A son réveil, indigné de sa faiblesse, il se serait alors arraché les paupières, pour garder les yeux ouverts les six années de méditation qui suivirent.
Plus tard, il observa que des buissons qu'il n'avait jamais vu auparavant avaient poussé à l’entrée de la caverne où ses paupières furent enterrés.
Il s'aperçut en mastiquant les feuilles, qu'elles avaient la propriété de maintenir l'esprit en éveil et de prolonger la concentration mentale.
Ainsi, le théier, la culture du thé et ses vertus stimulantes furent découvert en Chine.



Alors qu’il méditait dans sa grotte, vers 528, il trouvera son digne successeur du "Chan" parmi l'un des rares moines venu lui apporter son soutient au temple de Shaolin.
"Huike" qui se trancha le bras gauche, en signe de sincérité et de dévouement, pour être accepté par le maître.



Ayant finalement atteint l'illumination, les bonzes de Shaolin, impressionnés par sa sagesse, consentirent à le réintégrer dans leur temple.
Supportant péniblement l'immobilité que leur imposait les longues séances de méditation due à leur condition physique très faible, Bodhidharma les initia à une méthode héritée des "Kshatriyas", mi-gymnique, mi-martiale, reliant l'esprit au corps et à la respiration.
Connue en Chine sous la dénomination symbolique de « Shi Ba Lo Han She » "nettoyage des muscles et des tendons, purification de la moelle et des sinus", qui servirent de base au Kung Fu actuel.
Il partagea également ses enseignements spirituels permettant d'accéder aux sources du Dharma.


Selon une autre légende du thé.
Ayant pour mission d’aller prêcher le bouddhisme en Chine, il fit la promesse de ne pas dormir pendant les neufs années que devait durer cette tâche.
Pris de lassitude, après trois années de périple et de méditation, un heureux hasard, lui fit cueillir et mâcher quelques feuilles d'un théier sauvage. Les propriétés tonifiantes du thé lui permirent de rester éveillé, chasser l'ennui et donc de rester fidèle à son engagement.



Crédits Photos:
Eka "Huike" se coupant le bras, peinture sur papier de Sesshu (1420-1506)
Huike réfléchissant, peint par Shi Ke, Xème siècle

dimanche 8 août 2010

Le souffle créatif des verriers de Saint Louis

Dans la cérémonie du thé à la menthe, posséder un service de gobelets à thé en cristal de Saint Louis, est un témoignage de raffinement et de grandeur absolue.
Surtout réservé à l’élite et aux familles fortunées, la réputation et le prestige légendaire des créations de Saint-Louis s’invitent parmi les accessoires nécessaires à l’hospitalité marocaine.




Fondée en 1586 après la fermeture de la verrerie de Holbach, c’est en 1767, presque deux siècles plus tard, par privilège de sa Majesté Louis XV, que la verrerie de Münzthal obtient le titre prestigieux de Verrerie Royale de Saint-Louis.

Précurseur en France d’un savoir-faire remarquable, depuis la découverte du verre au plomb "cristal" par l'Anglais Ravenscroft, la verrerie royale de Saint-Louis est reconnue par l'Académie royale des sciences en 1781.
Grâce à un procédé de fabrication unique sur le cristal au plomb, fondu et soufflé à la bouche, à haute température, dans des creusets en terre réfractaire ouverts.
Elle deviendra Cristallerie Royale de Saint-Louis.




Au fil des générations, ses ouvriers exceptionnels révèlent des innovations techniques majeures de verres taillés, sculptés ou gravés, des créations de lumière scintillantes et de coloration chatoyantes obtenues par association de sels métalliques, de sulfures ou d’or 24 carats.

Considérés comme parmi les meilleurs artisans au monde, de nombreuses années de pratique et de formations sont nécessaires aux maîtres verriers et aux maîtres tailleurs pour concevoir chaque pièce avec des gestes précis et des motifs d'ornementation réalisés à la main.
Ces gestes ont fait le prestige artistique des verriers de Saint-Louis, qui utilisent également des procédés de gravures au bain d’acide, pour réaliser de nombreux monogrammes, blasons, ou pour imaginer des dorures très sophistiqués, lissées à la pierre d'agathe ou au sable fin.



Classiques, modernes ou contemporaines, les Cristalleries Royales de Saint-Louis accompagnent toutes les sollicitations décoratives, chaque pièce d’un service de table est une création unique.
Depuis plus de quatre cents ans, cette perfection patrimoniale est très recherchée par les souverains, les chefs d'état et les riches connaisseurs.




Bibliographie:
L'art du thé au Maroc - Traditions Rituels Symboles.
Auteure: Noufissa Kessar-Raji - Editions: A.C.R. Edition 2003

SAINT-LOUIS de l'art du verre à l'art du Cristal de 1586 à nos jours.
Auteur: INGOLD Gérard - Editions: Denoël 1986

dimanche 1 août 2010

L'eau, le lait et le thé dans le désert

Essentiel pour assurer l’activité et la survie des caravaniers et des nomades dans le désert, avec l’eau et le lait, le thé fait partie des boissons indispensables pour apaiser la soif des populations sahariennes et subsahariennes.

«L’eau c’est la vie, le lait la survie, le thé la boisson nationale»

Elément indispensable à la vie, l’eau est très prisée dans le désert.
Pour la préparation du thé, l’eau de pluie est précieuse. Récupérée lors des périodes de précipitation, elle se vend plus cher que l’eau salée des puits.

Aliment majeur tant par sa qualité nutritionnelle que par sa valeur symbolique, le lait est la nourriture de base des populations nomades, il nourrit, désaltère, guérit.
Par son goût variable et la force qu’il apporte au thé, le lait de chamelle est le plus apprécié.




Au cours du XXème siècle, le thé poursuit sa progression vers l’Afrique de l’Ouest jusqu’au sud du Mali.
Distinct du thé à la menthe au Maroc, sa préparation devient plus corsée.
Détourné de sa menthe, on le cuit, combiné à l’occasion dans le lait de chamelle avec du sucre.
La boisson prend alors une couleur caramel à la saveur âcre et relevée.

Deux petites théières en métal émaillé sont utilisées lors de la préparation du breuvage, l’une, directement posées sur la braise ardente, remplie de thé, d'eau et de sucre pour cuire le thé. L’autre pour le servir.

L’hospitalité et la tradition requièrent que la cérémonie dure de longues heures. On boit le thé âcre et corsé au cours de la journée et en toute circonstance, on discute, on s'échange des informations autour de la théière.

Un proverbe touareg affirme qu’il faut trois conditions pour faire le thé : Le temps, les braises et les amis.


Crédit Photo: Aminalayan