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dimanche 12 septembre 2010

Monopoles & Protectionnismes dans les Comptoirs Coloniaux

En 1756, l’Inde est le théâtre d’opérations d’hostilités entre les deux puissances coloniales et économiques que sont la France avec la Compagnie française des Indes orientales et la Grande-Bretagne avec la British East India Company qui s’opposent pour le maintien de leurs monopoles d’état respectifs.

Devenu majoritaire, après avoir évincé progressivement leurs prédécesseurs concurrents portugais et hollandais, chacun des deux camps possède quelques comptoirs tout le long des couloirs maritimes du golfe du Bengale.




Pour faire face à une situation géopolitique déjà très complexe en Europe mais aussi dans les colonies du Nouveau Monde, les compagnies résistent à la pression des contrebandiers et veillent au maintient des alliances commerciales de tous les comptoirs qu’ils contrôlent.
Cherchant absolument à éviter des conséquences économiques désastreuses pour leur gouvernement, les français et les britanniques se préparent à des affrontements inéluctables.


Les rivalités commerciales pour la prépondérance des comptoirs et les antagonismes stratégiques des institutions concurrentes, furent à l’origine d’une alliance des forces armées locales du dernier "Nawab" indépendant du Bengale Siraj-ud-Daulah (1733 - 1757) et des troupes françaises, face à l'emprise de la Grande-Bretagne.


Durant ces affrontements, du Nord-Est au Sud-Est de l’Inde, la plupart des colonies d'exploitation furent prises et défaites tour à tour par les protagonistes.
En janvier 1761, le siège et le ravage de Pondichery donnera l'avantage aux troupes anglaises après six années de conflits.
En 1783, par les accords du traité de Versailles, la France récupèrera ses comptoirs, Chandernagor, Pondichéry, Yanaon, Karikal et Mahé, mais sans fortifications, ni faction militaire, ils resteront de facto sous la tutelle des britanniques.

dimanche 5 septembre 2010

La Boston Tea Party

Durant la soirée du 16 au 17 décembre 1773, dans le port de Boston, une rébellion des colons américains fut considérée comme le premier acte d’indépendance qui amorcera le processus de séparation entre la souveraineté britannique et les treize colonies américaines.


Illustration de la Boston Tea Party par W.D. Cooper (1789)

Voici le témoignage M. George Hewes, un des protagonistes de la Boston Tea Party.


"Le thé qui a été détruit se trouvait dans trois bateaux (le Darmouth, l’Eleonor et le Beaver) amarrés côte à côte à ce que l’on appelait alors le quai Griffin.
Ils étaient entourés par des navires de guerre armés dont les capitaines avaient publiquement déclaré que si les rebelles, comme ils se plaisaient à dénommer les Bostoniens, ne retiraient pas leur opposition au déchargement du thé avant une date fixée au 17 décembre 1773, ils seraient contraints de le débarquer de force sous la protection des canons.

La veille du 17 décembre, les citoyens du comté de Suffock ont été convoqués à une réunion, qui eut lieu dans l’une des églises de Boston, pour déterminer quelles mesures expédientes devraient être prises pour empêcher le déchargement du thé ou l’encaissement des droits.
Au sein de cette assemblée un comité fut nommé pour s’adresser au gouverneur Hutchinson et lui demander de les informer s’il allait prendre des mesures de façon à satisfaire le peuple sur l’objet de la réunion.

A la première demande de ce comité, le gouverneur leur a dit qu’il leur donnerait une réponse définitive avant cinq heures de l’après-midi. A l’heure dite, le comité s’est de nouveau rendu au domicile du gouverneur et a appris qu’il était parti pour son manoir de Milton situé à une distance d’environ dix kilomètres.
Lorsque que le comité est retourné informer l’assemblée de l’absence du gouverneur, il y eut un murmure confus parmi les membres et l’assemblée s’est immédiatement dissoute, beaucoup entre eux criant
« Que chacun fasse son devoir, et soit fidèle à son pays ».
On évoquait bruyamment le quai Griffin.


Le soir était à présent arrivé, je m’étais immédiatement habillé en indien, armé d’une hache que moi et mes associés avions dénommée tomahawk ainsi que d’une massue et après m’être peint le visage et les mains avec de la poussière de charbon de chez le forgeron, je suis allé au quai Griffin, où se trouvaient les bateaux contenant le thé. Quand je suis arrivé dans la rue ainsi déguisé j’ai retrouvé des camarades habillés, armés et peints comme moi, et nous avons marché en rang jusqu’à notre destination.
Quand nous sommes arrivés sur le quai, trois d’entre nous, auxquels nous nous sommes volontiers soumis, ont pris la direction des opérations. Ils nous ont divisés en trois groupes pour que nous abordions à la fois les trois bateaux qui contenaient le thé. Le nom de celui qui commandait le groupe auquel j’étais assigné s’appelait M. Léonard Pitt.
Je n’ai jamais su le nom des autres commandants.

Les commandants respectifs nous ont ordonné immédiatement d’aborder tous les bateaux à la fois et nous leur avons obéis promptement.
Le commandant de mon groupe m’a nommé maître d’équipage dès que nous fûmes à bord et m’a ordonné d’aller demander au capitaine de me remettre les clés des écoutilles et une douzaine de bougies. J’ai donc fait la demande et le capitaine a répondu rapidement en me fournissant les articles mais il m’a demandé par la même occasion de ne pas endommager ni le bateau, ni le gréement.
Puis notre commandant nous a ordonné d’ouvrir les écoutilles, de sortir les caisses de thé et de les jeter par dessus bord et nous avons exécuté immédiatement ses ordres, coupant et fendant les caisses avec nos tomahawks pour les exposer à l’effet de l’eau.
A peu près trois heures après que nous soyons arrivés à bord, nous avions cassé et jeté à l’eau toutes les caisses de thé qui se trouvaient sur le bateau pendant que ceux qui étaient sur les autres bateaux s’étaient débarrassés du thé de la même façon et en même temps.
Les navires de guerre britanniques nous encerclaient mais n’ont pas essayé de s’opposer à nous.


Après chacun est rentré chez soi sans se parler et sans essayer d’apprendre l’identité de ses associés. Je ne me souviens pas avoir jamais su le nom d’un seul individu concerné par cette affaire sauf celui de M. Léonard Pitt, le commandant de mon groupe, que j’ai déjà mentionné.
Il était sous-entendu que chaque individu devait offrir volontairement ses services, garder son anonymat et assumer les conséquences lui-même. Il n’y a pas eut de désordre pendant l’opération et il s’en est suivi une des nuits les plus tranquilles que Boston ait connu depuis des mois.

Pendant que nous jetions le thé dans l’eau, quelques-uns des citoyens de Boston et de ses environs ont essayé d’emporter de petites quantités de thé pour leur famille. Pour se faire ils attendaient l’occasion de le ramasser sur le pont où il était dispersé en abondance et le mettaient dans leurs poches.
Un certain capitaine O’Connor que je connaissais bien, est venu à bord avec cette intention et quand il a pensé que personne ne l’observait il a rempli ses poches et la doublure de son veston.
Mais je l’ai découvert et en ai informé le commandant.

Le commandant nous a ordonné de l’arrêter et juste au moment où il descendait du bateau, je l’ai pris par le bord de son veston, et en essayant de le retenir, j’ai déchiré sa veste ; mais sautant en avant, par un effort rapide, il s’est échappé.
Cependant, il a du se frayer un passage à travers une foule hostile qui lui donnait des coups de pied et des coups de poing.




Un grand vieil homme qui portait un grand tricorne et une perruque blanche, qui était à la mode cette époque là, a également essayé de récupérer un peu de thé des restes de la cargaison. Discrètement, il en a mis un peu dans sa poche mais quand il a été découvert, ils l’ont attrapé et lui ont ôté le chapeau et la perruque de sa tête et les ont jeté à l’eau en bloc avec le thé qu’ils avaient retiré de ses poches.
Considérant son âge avancé, on lui a permis de s’en aller avec un coup de pied léger de temps en temps.

Le matin suivant, après que nous nous soyons débarrassés du thé des bateaux, nous avons découvert qu’il y avait toujours des quantités considérables de thé qui flottaient à la surface de l’eau. Pour ne pas donner la possibilité à qui que ce soit de le récupérer, des marins et des citoyens se sont rendus en petits bateaux aux endroit du port où flottait le thé, et, en le battant avec des avirons et des rames, l’ont mouillé complètement assurant son entière destruction."

M. George Hewes, décembre 1773

mercredi 7 avril 2010

Consommation - Evolutions des préparations ancestrales & Occidentalisation du thé.

Depuis sa découverte, il y a environ 5000 ans, la préparation du thé a connu des étapes importantes, à travers 3 écoles. Il y eut successivement, le thé bouilli, le thé battu et plus récemment le thé infusé importé en Europe par les hollandais au XVIIème siècle.

Le thé infusé : Sous la dynastie Ming (1368 - 1644), l'époque dite naturaliste.

Consommé sous sa forme actuelle après qu’un décret impérial stoppe sa fabrication sous la forme compressé, le thé se démocratise. Tardivement découvert au XVIIème siècle par les Occidentaux, ce sont les Hollandais qui rapporteront les premières caisses de thé à Amsterdam vers 1606. On trouve les premières traces de consommation de thé en France vers 1636, elles débarqueront dans le port le Londres en 1645. Les premières caisses de thé vendues par les Chinois furent du thé vert, mais la longueur du voyage fit moisir et fermenter les caisses de thé placées à fond de cale. A l'époque, les européens trouvèrent ce thé excellent, on leur livrera principalement du thé fermenté à partir de ce moment.
L’Europe héritera de cette 3ème école. L’infusion.
















Les pratiques sont multiples:


Le “Gongfu Cha” est une pratique courante chez les chinois, principalement réservé aux thés semi-fermentés (Oolongs), le thé est recouvert d’eau frémissante pour le laisser infuser au fond d’un zhong ou dans une petite théière en terre de Yixing.
Le “Senchado” est une approche japonaise moins rigide que le Chanoyu. Pratiquée d’une manière plus conviviale et spontanée, elle se déroule toujours avec 4 invités. Elle permet de faire 3 infusions très concentrées des mêmes feuilles de thé vert (Sencha). Le thé est recouvert d’une eau attisée pour le laisser infuser dans un kyusu et servi dans des petits volumes aux convives. Accompagné de délicates petites sucreries à base de sucre japonais artisanal (suiko) de variétés et couleurs différentes, présentés dans une dispersion organisée.
D'autres méthodes de préparations Occidentales, du Moyen-Orient, de Russie, du Maroc, d'Inde existent, elles seront détaillées sur une page réservée.
A suivre donc...


Les maisons de thé existent quasiment partout dans le monde occidental. Elles rivalisent de concepts et d’originalité, que ce soit sur la transformation ou sur les assemblages pour proposer des mélanges, des parfums et des aromatisations susceptibles de convenir au plus grand nombre de consommateurs.
Considéré mondialement comme une boisson aux vertus naturelles, de santé et de convivialité, il est devenu aisé d'acheter du thé aujourd’hui.
Fermenté, semi-fermenté, vert ou blanc, il est proposé sous diverses formes de feuilles façonnées, perlées, enroulées, torsadées, en spirale¸ entières ou brisées…
Empreint à la modernité, le thé est également devenu pratique à infuser en tous lieux, à la maison, au bureau ou à l’extérieur.
Qu’il soit conditionné pour être consommé chaud ou glacé, en vrac, en mousseline, en sachet ou dosette, mais aussi plus récemment en canette ou en bouteille, la consommation du thé évolue en permanence. Elle s’adapte désormais aux impératifs de la vie moderne.

mardi 6 avril 2010

Consommation - Evolutions des préparations ancestrales & Occidentalisation du thé.

Depuis sa découverte, il y a environ 5000 ans, la préparation du thé a connu des étapes importantes, à travers 3 écoles. Il y eut successivement, le thé bouilli, le thé battu et plus récemment le thé infusé importé en Europe par les hollandais au XVIIème siècle.

Le thé battu : Sous la dynastie Song (960 - 1279), l'époque dite romantique.

Importé de Chine au XIIème siècle par le moine Eisai (1141-1215), la consommation du thé vert était un privilège réservé aux monastères, à l’aristocratie et à l’élite guerrière.
Sous l’influence des moines bouddhistes Zen, cette méthode de consommation traditionnelle du thé se développa en une forme d’élévation spirituelle : La Voie du Thé.
Intemporelles, ces procédures sont désormais enseignées dans le monde entier, pour des raisons philosophiques Wabi-cha (désolation), comme un moyen spirituel de détachement aux choses matérielles, d'identification de la richesse intérieure et d’acquérir ainsi la maîtrise de la vie.



Esthétiquement moderne par la beauté des gestes, la sobriété du décor choisi et pour l’instant privilégié que l’on consacre à la contemplation. Les principes d’humilité transmis lors de cette cérémonie sont : Harmonie “Wa”, respect “Kei”, pureté “Sei”, et tranquillité “Jaku”.
Cette pratique du thé introduit le concept de “Ichi-go Ichi-e” littéralement « une fois, une rencontre », croyance selon laquelle chaque rencontre devrait être considérée comme un trésor qui ne pourra jamais se reproduire.

Sa pratique selon le Chanoyu :

On verse une petite quantité de Matcha (thé vert broyé sous une meule en pierre afin d'obtenir une poudre très fine) mesurée traditionnellement à l’aide d’une spatule en bambou (chashaku) dans un bol réservé à la cérémonie du thé (chawan).
Dans lequel on ajoute une quantité appropriée d'eau chaude, mais non bouillante. On fouette alors la mixture à l’aide d’un fouet traditionnel en bambou (chasen) avec des mouvements vigoureux prédéfinis, jusqu’a obtenir une mousse substantielle uniforme et sans grumeau, dite “Mousse de Jade”, au goût délicat.
Il est servi traditionnellement dans un bol Raku, accompagné de sucreries sèches (wagashi).


En raison des nombreux bienfaits sur la santé, mais plus spécifiquement pour la richesse des antioxydants qu’il contient, et qui aident à lutter contre le vieillissement. Cette méthode de consommation du thé vert incontestablement tendance, fait de plus en plus d’adeptes parmi les consommateurs de thé.

lundi 5 avril 2010

Consommation - Evolutions des préparations ancestrales & Occidentalisation du thé.

Depuis sa découverte, il y a environ 5000 ans, la préparation du thé a connu des étapes importantes, à travers 3 écoles. Il y eut successivement, le thé bouilli, le thé battu et plus récemment le thé infusé importé en Europe par les hollandais au XVIIème siècle.

Le thé bouilli : Sous la dynastie Tang (618 - 907), l'époque dite classique.

Le thé était autrefois compressé sous forme de briques, ce qui le rendait aisément transportable par les caravaniers de la route du thé. Au IXème siècle, il fut introduit au Tibet, lieu de passage obligé pour les marchands venus de la Chine du Sud-Ouest , à savoir le Sichuan et le Yunnan (régions productrices de thé).
Mais ce conditionnement trop cher, disparaîtra pour des raisons économiques.
Généralement consommé écrasé dans un mortier et bouilli avec d’autres ingrédients, comme le riz, des épices, du gingembre, des écorces d’orange, du lait et parfois même des oignons avant d’être filtré.
Cette boisson devenue populaire au pays des hautes cimes, sera considérée comme une offrande et le rituel indispensable de l’hospitalité entretenu par les moines bouddhistes.


Sa pratique selon la recette Tibétaine :

On filtre une infusion d’eau bouillie, de feuilles de thé vert compressé, à laquelle on additionne du lait de chèvre ou du beurre de yack. Cette préparation est battue dans une baratte (cylindre de bambou) jusqu'à l’obtention d’une émulsion parfaite et homogène.
Consommé toute la journée par les tibétains, ce bouillon-thé “Böcha” reste dans une bouilloire sur le feu, il est servi traditionnellement dans une tasse en bois avec des “Tsampas” galettes d'orge, de blé ou de haricots.
De nos jours, il est offert en signe d’hospitalité et de bienvenue aux étrangers.

Devenu en France une occasion gourmande sucrée ou salée depuis quelques décennies. Le thé fait son apparition dans le domaine de la gastronomie, en phase de redécouverte dans l’art culinaire, on ne boit plus exclusivement le thé pour ses propriétés rafraichissantes ou parce que l'on a soif.
Aujourd’hui, il suscite la curiosité et l’intérêt des plus grands chefs. Actuellement au stade de recherches, d’assemblages gustatifs, mais aussi en voie de développement et de croissance, la cuisine au thé est en pleine explosion.
Il devient donc un composant à part entière qui semble avoir trouvé une place non négligeable sur les tables de choix, pour une cuisine nouvelle, plus saine ou novatrice. Le thé est un ingrédient à suivre, révolutionnant la gastronomie, et voué à un avenir très prometteur dans la composition des menus ou des mets.