dimanche 8 mai 2011

Anna Maria Russell - Duchesse de Bedford

Au 19ème siècle, Anna Maria Russell, 7ème Duchesse de Bedford transforma l’usage de "Prendre le Thé", dégusté habituellement en qualité de simple rafraîchissement ou boisson chaude, en une collation agréable et légère de l'après-midi "l'Afternoon Tea" apprêtée généralement entre 15 et 17 heures.

Au Royaume-Uni, pendant cette époque d’ouverture économique, de révolution industrielle et de libre échange, le rythme des repas consommés au cours de la journée dépendait de différents facteurs culturels, économiques et sociaux.
L'élite consommait en moyenne deux repas par jour.
Le petit déjeuner pris peu de temps après le réveil, et le dîner servi en début de soirée.
L'heure de ce dernier repas étant de plus en plus tardive, un déjeuner très léger fut ajouté pour apaiser la sensation de faim entre ces deux principales collations de la journée.
Mais la Duchesse de Bedford que les signaux d’appétence contrariaient souvent l’après midi, prit l’habitude de se faire servir un assortiment de minces sandwiches ou de pâtisseries accompagnés d’une tasse de thé. Une sorte d'en-cas qui lui permettrait de contenir son besoin de satiété et de patienter jusqu’au dîner du soir.
Elle invita ses amies proches à se joindre à elle pour y prendre part, et fut de ce fait, à l’origine des Tea Party organisées à la cour.




Approuvé par sa Majesté la reine Victoria, l'Afternoon Tea acquit rapidement une grande renommée au sein de toute la bonne société britannique.
Apparue en premier lieu parmi les membres de la noblesse, cette pratique se répand dans les salons huppés de la bourgeoisie, elle s'étendra ensuite jusque dans la masse ouvrière, ponctuant alors fondamentalement les habitudes alimentaires des anglais.

Au fil des siècles, ce rituel du thé l'après-midi s'est développé progressivement comme une tradition gourmande, impliquant quelques conventions sociales de bonnes manières et de bienséance en réunion.
Typiquement associé à la culture Anglo-saxonne, "Le Five O'clock Tea".



Crédit Photo : Anna Maria Russell, 7th Duchess of Bedford in court dress.

En cours de rédaction.

dimanche 1 mai 2011

Catherine de Bragance

En prolongement à une actualité planétaire, récente et heureuse au sein de de la famille royale d'Angleterre. Cette semaine, nous consacrerons notre attention à Catherine Henriette de Bragance.

Infante ou Princesse de Portugal née à Vila Viçosa le 25 novembre 1638, quatrième descendant du roi Jean IV de Portugal et de Luísa Francisca de Gusmão.


A 23 ans, elle fut mariée sous contrat, au roi Charles II d'Angleterre le 21 mai 1662.
La dot comprit la ville de Tanger, quelques privilèges au Brésil et une des sept îles de Bombaim.
En 1665, les six autres îles passèrent aux mains des anglais.
Rebaptisé Bombay par les britanniques, l'archipel fut loué par la couronne à la Compagnie anglaise des Indes orientales(British East India Company) pour devenir le principal port de négoce de la partie occidentale.

Déjà bien établie parmi la noblesse et la bourgeoisie portugaise, en emportant avec elle, quelques mesures de thé de Chine, la nouvelle souveraine qui appréciait le breuvage, aurait introduit à la cour d’Angleterre une pratique encore méconnue du peuple à cette époque. La consommation quotidienne de thé.
Surnommée la première « Drinking Tea Queen », c'est également sous son influence qu'elle introduira la marmelade, une sorte de confiture de coing* à l'origine.
* (marmelo en portugais)


Considéré comme une denrée de luxe, chère, appréciée par les membres de la famille royale, le thé se généralise rapidement de l'aristocratie, à toutes les couches aisées de la société britannique curieuses de découvrir cette nouvelle boisson à la mode. Sa popularité ne cessera de s'accroître et de s'étendre, de l'Europe jusque dans le nouveau monde.

Créé à New York sur l'île de Long Island en novembre 1683, le Queens Village aurait été baptisé ainsi en hommage à la reine (Queen consort).
Epouse consort jusqu'à la mort du monarque d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande en 1685, elle ne sera jamais couronnée en raison de son appartenance religieuse à l'église catholique romaine.

Catherine de Bragance mourut à Lisbonne le 30 novembre 1705, transmettant les fondements d'une pratique importée, devenue aujourd'hui une tradition établie de la société britannique.
La consommation de thé, pour héritage.

dimanche 24 avril 2011

Création d'une identité visuelle

Soucieux de trouver une identité épurée qui permettrait d'améliorer la visibilité et par nécessité, la communication externe de notre travail.
A l'heure actuelle, nous sommes à l'étude et au développement d'une représentation visuelle élégante, pertinente mais simple, dont voici quelques exemples remarquables qui ont d'ores et déjà retenu notre curiosité.













Ces trois modèles choisis intentionnellement en noir et blanc ou sépia pourront évidemment se décliner en couleurs.


dimanche 10 avril 2011

Faire pousser un Camellia sinensis chez-soi (1ère tentative).

Le printemps est arrivé récemment et depuis quelques jours, le soleil aussi a fait son grand retour . En tout lieu, cette saison symbolise le renouveau dans la nature, le bourgeonnement, la floraison des plantes, et cætera.
Le moment est peut-être bien choisi pour tenter de faire pousser un Camellia sinensis d'intérieur, mais il y a une première étape essentielle avant de se lancer : Il nous faut trouver quelques graines de Théier (le semi) pour concrétiser cette expérience.

Après quelques recherches, nous nous sommes rendus dans une jardinerie spécialisée qui propose à la vente, des sachets contenant des semences de théier de Chine sous la marque "Radis et Capucine".

Conditionnés et présentés dans une pochette pelliculée brillante, inspirée d'une image de carte postale de récolte dans un jardin de thé, envoyée de Chine sur l'endroit.
Au verso, les indications sont les suivantes:

- Le pourcentage de germination, supérieur à 50% d'après des tests effectuées en laboratoire (imprimé en haut à droite).

- Un résumé historique et l'origine du thé.

- La marche à suivre (mode de culture).

- Une date de péremption imprimée sur une pastille autocollante. Valable pour un sachet fermé et gardé dans de bonnes conditions de conservation (dans un endroit frais, sec et à l'abri de la lumière).

- La quantité de graines contenues dans le sachet (inscrit en bas à gauche).
Et bonne surprise!!! On trouve à l'intérieur, non pas trois, mais quatre graines dans une double pochette hermétique.
Etait-ce prévisible? Nous l'ignorons, mais nous nierons pas que c'était inattendu.




A réserver tout de même aux jardiniers un peu expérimentés, selon le distributeur. Alors avec un peu de persévérance, dans quelques semaines, peut être pourra t-on s’émerveiller devant les premiers signes de germination?
Nous verrons...



Crédits photos : Image Packaging by Getty Images
Graines de théier by LBT-Teastories

dimanche 3 avril 2011

365ème jour dans la blogosphère

Bonjour à tous.

Aujourd'hui, ce dimanche 03 avril 2011 est un jour un peu particulier pour tous les deux.
Il y a tout juste un an, malgré nos incertitudes, nous débutions ce blog dédié au thé.
Très simplement, nous souhaitions y déposer nos enseignements de l’école du Palais des Thés et partager nos recherches personnelles ou conjointes, confier nos aspirations privées accompagnées de nombreuses images ou photos glanées ici et là sur internet, mais aussi dans certains ouvrages spécialisés. Ces jolies illustrations qui allaient enrichir les publications devenues quasi-hebdomadaires, achevées ou en cours.





Au commencement, nous n’avions pas imaginé une telle entreprise humaine. Alors qu’il nous reste tant à accomplir, à développer et à apprendre en dépit de notre inexpérience, votre enthousiasme et votre intérêt est notre principale source de motivation à poursuivre ce travail d’investigations, d'informations et de prospection des sujets ou thèmes à venir pour lesquels nous espérons vos remarques, vos suggestions et vous voir bien évidemment toujours plus nombreux à nous suivre.

A tous, nous vous adressons ensemble notre amitié sincère, nos chaleureux remerciements pour vos visites et votre fidélité.

Personnellement, je profite également de cette circonstance spéciale pour témoigner mon affection et ma reconnaissance particulière aux quelques personnes qui m'auront encouragé, accompagné ou supporté d'une manière ou d'une autre, durant cette première année d’activité.
Elles sauront se reconnaitre, j’en suis sûr !!!



Crédit photo : Thé Jaune (Jun Shan Yin Zhen) & Fleur de Magnolia (Grandiflora) by LBT-Teastories

dimanche 6 mars 2011

Symbolisme du Gaiwan (Chung)

Depuis toujours au coeur d’un entourage philosophique, religieux ou artistique au cours de son évolution. La consommation du thé a eu une influence marquante sur chaque objet, chaque geste et chaque accessoire utilisé.
Le Gaiwan illustre un de ces objets dont la valeur symbolique est incontournable.


Il se décompose en plusieurs éléments distincts.
Trois objets d'une finesse exceptionnelle, indissociables, polychromes et liés entre eux par le symbole qui leur est attribué :


- Le couvercle voûté symbolise le ciel, la sphère céleste, la protection et l’éternité.



- Le bol évasé illustre l’eau, l'élément essentiel à toute forme de vie, elle permet de créer, recréer, faire naître et incarne l'individu.




- La soucoupe évoque la terre sur laquelle pousse le théier, la fonction nourricière, mère indispensable de la fertilité et la régénération immuable de la graine enfouie.




Crédit photo : Jin De Zhen Handmade Gaiwan by Jerryma 1982

dimanche 27 février 2011

Naissance & Etymologie du Gaiwan

Apparu sous la dynastie Ming (1368-1644), probablement suite à un décret impérial relatif aux tributs en thé livrés à la cour et à l’arrêt de sa fabrication sous la forme compressé.
En plein âge d'or de la porcelaine chinoise « bleu et blanc », les éléments de ce bol à thé "Chawan" comptèrent parmi les innovations, les bouleversements dans le rituel des cérémonies du thé et dans sa préparation.
L'époque est dite "naturaliste", la consommation du thé évolue.
Selon le Classique du Thé « Chá Jīng » ouvrage consacré au thé dans lequel Lu Yu (733-804) codifie l'art de boire le thé.
On infuse les feuilles de thé entières dans une tasse évasée, sans anse, parfois munie d'un couvercle pour concentrer les arômes subtils du breuvage « Gaiwan ou Zhōng ».

Le gaiwan « bol à couvercle adapté pour la consommation du thé », ustensile dont l’origine étymologique serait une déformation sémantique cantonaise de "Chōng", vocable en référence à l'utilisation spécifique de l'objet qui signifie « verser de l'eau, rincer ». L'appellation Gaiwan se troque en Zhōng (Chung) ou Gaibei pour éviter la confusion.



Capitale de la province du Guangdong, Canton fut dès 1685, le principal port ouvert au commerce extérieur avec les occidentaux. Les anglais achetèrent aux chinois d’énormes quantités de thé et y installèrent les premiers comptoirs.
Durant les siècles d'échanges et de succès commerciaux très lucratifs entre l'Europe et l'Asie, les navires des Compagnies des Indes Orientales transporteront des marchandises très prisées dans les grandes métropoles européennes.
Des épices, du thé, des soieries et des porcelaines, très réputées ou reconnues auprès des riches collectionneurs d'art pour leur qualité technique, pour leur finesse remarquable et pour la richesse artistique de leurs décors.






Crédits photos : Tasse & Soucoupe en émail bleu avec décor de personnages - Canton (Chine) 19ème siècle
View of the Canton Factories 1805-06 by William Daniel

dimanche 20 février 2011

Le thé "Long Jing"

(Puits du Dragon)
Ce thé vert chinois fait l'objet d’un véritable culte depuis plus de 1200 ans en Chine.
Considéré comme un purifiant quotidien.
Il figure parmi les plus aromatiques.





Crédit photo : Long Jing du Zhejiang - LBT-Teastories


En cours de rédaction.

dimanche 13 février 2011

Le Thé Vert (Lü Cha)

Originaire de Chine et du Japon, ces thés sont très populaires en Occident pour leurs variétés multiples et leurs propriétés.



En cours de rédaction

dimanche 6 février 2011

Récolte - Transformation & Dégustation du Huang Cha

Phénomène culturel de masse, durant les deux premières semaines d'avril, le peuple chinois célèbre la lumière pure "Qing Ming Jie" le 10e jour du 3e mois lunaire (le 4 ou le 5 avril selon les années).
En commémoration des réjouissances traditionnelles du printemps, cette époque du calendrier était jadis associée aux préparatifs indispensables pour les activités agricoles à venir.
Devenue aujourd'hui la journée consacrée à la mémoire de la famille et des ancêtres, dans les plantations la période qui précède la fête de Qing Ming Jie marque le début des récoltes de thé en Chine depuis des siècles .
Autrefois rarissime et destiné à l'Empereur pour cette occasion, dans les provinces de l'Anhui et du Hunan, quelques centaines de kilos de thé jaune d'une qualité remarquable mais éphémère sont produits chaque année.




La cueillette

Comme pour le thé vert, c'est au printemps particulièrement avant la fête de Qing Ming Jie que les bourgeons récoltés sont les plus tendres et les plus concentrés donc forcément les plus coûteux. Pour produire un thé jaune (Huang Cha) de qualité exceptionnelle, on cueille les bourgeons avant l'apparition du duvet.
Cette cueillette précoce est considérée comme impériale parce que la plus fine mais aussi la plus prisée.


La transformation

Le flétrissage.
Comme certains crûs de thés verts ou blancs, le flétrissage s'effectue au sol sur des toiles ou sur des claies de bambou.


La dessiccation.
Dans des cuves chauffées, les feuilles sont remuées manuellement.


L'oxydation.
Entassées en petites quantités directement sur le sol, les feuilles encore chaudes sont recouvertes d'une pièce de tissu en coton humide coiffée d’un couvercle de paille, elles reposent ainsi pour une durée qui varie entre 4 à plus de 10 heures parfois, selon le niveau d'humidité de l'air ambiant et les conditions climatiques.
Cette méthode de fermentation spécifique "à l’étouffée" provoque une légère oxydation enzymatique, les feuilles développent une teinte brun-jaune et des arômes incomparables.


Le séchage.
Séchées à une température de 110°C à 120°C pendant 10 à 20 minutes, à ce dernier stade de transformation, les feuilles conservent un taux d'humidité de 5 % maximum avant de passer au triage, ultime étape manuelle à l'aide de treillis.


La dégustation

L'infusion révèle une liqueur soyeuse jaune pâle dans laquelle les arômes incomparables s’expriment délicatement en notes de fruits secs rehaussés d'une subtile amertume.

A déguster dans une eau attisée à 75°C, en infusions successives et courtes de 30 à 40 secondes au Zhong, ou en infusion unique de 4 à 5 minutes dans un verre.



Crédit Photo: Tea serving arts - Prosperous Song Dynasty Tea